L’explosion des technologies et la transition numérique provoquent des changements culturels considérables avec des effets très perceptibles sur le rapport au travail et l’émergence de nouveaux modes d’organisation. Les dirigeants, qui majoritairement se sont développés professionnellement dans un mode de management top down, rencontrent les nouvelles générations de salariés qui aspirent à plus d’autonomie et plus d’initiative. Ces dirigeants, par conviction ou nécessité, veulent faire évoluer la culture managériale de leur entreprise, mais ne sont pas toujours au clair sur la manière de s’y prendre.On entend de plus en plus évoquer le principe de la subsidiarité dans les entreprises. Notamment dans les entreprises qui choisissent de pousser la collaboration et l’autonomie. De quoi parle t’on ? Est-ce que la subsidiarité serait la délégation poussée à son maximum ?
La réponse est non, car si la manière de construire l’une et l’autre sont très proches, délégation et subsidiarité reposent sur des principes opposés.
Ce qui est commun entre la délégation et la subsidiarité, c’est la volonté d’organiser le partage des rôles et des responsabilités.
Ce qui les distingue, concerne le rapport au pouvoir, notamment chez les dirigeants.
Avec la délégation, on cale le management sur une réalité juridique : le pouvoir est dans les mains de ceux qui ont la responsabilité juridique de l’entreprise même si on organise sa répartition de haut en bas. Pouvoir et responsabilité restent indissociablement liés.
Dans la subsidiarité, celui qui assume la responsabilité juridique ultime considère que par nature, le pouvoir est dans les mains de tous ceux qui agissent, chacun à son niveau.
La délégation
La délégation se construit de haut en bas. On part de la responsabilité du dirigeant, qui va déléguer ses projets, fonctions et tâches à ses n-1. Ils fixent ensemble des objectifs à atteindre et mettent en place, de façon tacite un contrat de délégation. Les n-1 agissant à leur tour de la même façon vis à vis des n-2. Ce processus se répète de haut en bas de l’organisation de l’entreprise. Chaque échelon hiérarchique apporte son soutien aux échelons subordonnés et attend d’eux un reporting.